Les châtiments, Kafka métamorphosé

par | 30, Mar 2020 | Chroniques | 0 commentaires

20:00 : Les rideaux s’ouvrent à l’auditorium de Dijon pour accueillir un spectacle inédit, Les Châtiments, présentée par l’opéra de Dijon. Cette création unique, mise en scène par David Lescot, composée par Brice Pauset et orchestrée par Emilio Pomarico, reprend 3 histoires du célèbre romancier et nouvelliste, Franz Kafka. 105 ans après la parution de sa première œuvre, Le Verdict, Kafka est de retour sur scène. Cette fois-ci dans un spectacle des plus déconcertants. La salle où le concert à lieu ainsi que les décors plongent instantanément le spectateur dans une ambiance hors du temps, qui introduit l’atmosphère de l’opéra qui va suivre. David Lescot offre une mise en scène étonnante grâce à des décors, à la fois intrigants et originaux, qui grâce à leur mobilité, rythment le spectacle. La musique aux allures de bruits, laisse place à une sensation de lutte et de conflit entre la scène et l’orchestre. Les sons, dissonants et bruyants, prennent le dessus sur la mise en scène, les chants et le jeu des acteurs. L’intrigue principale forme le nœud de l’action et laisse perplexe. La barrière de la langue, les surtitres, font perdre le fil de l’histoire, et le jeu d’acteur presque ridicule, crée un fossé entre le spectateur et les personnages. Cet opéra qui allie subtilement orchestre et théâtre musical est une expérience unique que chacun appréhende et vit à sa manière. Mais il est vrai que la métamorphose d’un homme se réveillant un matin transformé en monstre a du mal à nous captiver, à nous émouvoir. Un opéra contemporain un peu ardu pour les novices mais une création originale qui ne vous laisse pas indifférent.