« Nous avons un rythme type, mais nous n’avons pas de journée type. »

par | 23, Mar 2020 | Interviews | 0 commentaires

La rédaction de Larsen est allée interviewer Pascaline Sanson Saad, chargée de communication de l’Opéra, entre deux répétitions des Châtiments mardi 28 janvier 2020. C’est par l’entrée des artistes de l’Auditorium que se fait notre première rencontre.

Quelles sont vos missions en tant qu’attachée à l’information et à la communication ?

Avec mes années d’expérience à l’Opéra, j’ai été formée aux logiciels de PAO (publication assistée par ordinateur), puis au poste d’attachée de presse. J’ai donc cumulé des compétences de graphisme avec la relation presse. Il y a énormément de missions d’événementiel et d’organisation en parallèle des représentations de l’Opéra. Je conçois également les newsletters, ma cible journalistique les lit et j’oriente mon message en fonction de ce que je souhaite que la presse reprenne.

De ce fait, j’imagine que vous n’avez pas forcement de journée type ?

Non. Cependant, nous avons notre petit rituel. Je fais toujours une veille presse le matin à mon arrivée. Je lis les journaux et je cherche tout ce qui a pu se dire sur l’Opéra, sur les productions à venir ou sur les artistes qui sont venus ou vont venir. J’écris un résumé à la direction et je continue ma journée avec les urgences. Cela peut être les urgences presse, les newsletters à envoyer ou encore l’organisation de conférences de presse. Nous avons un rythme type, mais nous n’avons pas de journée type.

Avez-vous un emploi du temps chargé en semaine ?

Tout dépend des productions, des événements… Nous essayons d’alterner une saison avec énormément de productions avec une saison un peu plus au ralenti. En général, nous avons toujours un coup de stress un mois avant les premières d’opéra. Non seulement nous avons la création d’un opéra, mais aussi la conférence de presse que nous allons faire aux journalistes nationaux le jour de la première. Dans l’année, nous avons un mois de fermeture l’été. Nous nous reposons et sommes totalement déconnectés de l’Opéra.

Le budget communication diffère-t-il en fonction des représentations ? 

Oui. Nous avons sensiblement le même budget chaque année, mais à ce jour le conseil départemental a supprimé sa subvention pour l’Opéra de Dijon. Il y a donc eu des coupes budgétaires qui ont dû être faites et nous essayons de remodeler avec cela. C’est un équilibre d’une année sur l’autre. Nous espérons récupérer l’année prochaine un budget que nous n’avons pas eu cette année.

Pour parvenir à ce poste, vous nous avez dit que vous avez commencé en alternance. Qu’avez-vous fait comme études ?

J’ai fait des études de lettres modernes et pendant ces études, j’ai voulu faire beaucoup de stages. Finalement, j’ai rencontré quelqu’un qui m’a parlé d’une formation de conseiller en communication à la Chambre de Commerce et d’Industrie. La seule contrainte était de trouver une entreprise qui m’accepte en alternance. J’ai beaucoup insisté auprès de l’Opéra, j’ai retrouvé toutes mes lettres quelques années après qui s’étaient empilées (rires). Je travaille depuis pour l’Opéra.

Travaillez-vous avec plusieurs professionnels de la communication ou travaillez-vous seule ?

Nous sommes quatre au service communication. Une personne s’occupe pleinement de la PAO et une autre de la partie digitale. En ce moment, nous avons une aide, nous étions dans une période un peu plus chargée, qui est venu en soutient à la PAO.

Concernant Les Châtiments, aviez-vous une stratégie de communication spéciale ou adaptez-vous la même stratégie pour tous les autres spectacles ?

En général, nous nous inspirons beaucoup des notes d’intentions des metteurs en scène ou des chefs d’orchestre. Nous avons la chance d’avoir le compositeur de cet opéra, d’habitude ils sont un peu morts… (rires). C’était aussi intéressant de mettre en avant le travail de composition. Nous vivons un moment exceptionnel, nous allons faire partie de l’histoire lyrique. C’est-à-dire que dans 100 ans, si quelqu’un décide de reprendre l’œuvre Les Châtiments, il y aura la mention « a été créée à l’Opéra de Dijon en 2020 ». Dans les communiqués de presse, j’explique souvent pourquoi ils ont choisi cette œuvre et comment ils ont développé l’idée. C’est vraiment ce qui va intéresser les journalistes : comprendre la genèse du projet.

Avez-vous rencontré des difficultés avec ce spectacle pour la communication ? Il y a-t-il des enjeux particuliers ?

Les Châtiments, c’est très particulier. C’est un gros défi à pleins de niveaux. Nous ne pouvions pas en parler parce que ce n’était pas créée. Donc comment parler d’un spectacle que personne n’a entendu ni même lu ? Cependant, ce qui nous a aidé, ce sont les nouvelles de Kafka sur lesquels nous pouvions nous baser. Les difficultés sont la musique contemporaine et faire venir le public. Quand ce n’est pas du Carmen les gens viennent moins facilement, c’est plutôt cela nos contraintes.

Auriez-vous des conseils à donner à un(e) futur(e) attaché(e) de l’information communication ?

S’adapter, savoir proposer des idées, ne pas forcement dire « c’est impossible » ; tout est possible, il suffit de trouver la forme. Avoir un peu de bonne volonté, si vous êtes passionné cela suffit. C’est la passion qui vous tient. Si vous aimez votre métier, c’est cela qui fera la différence et qui vous fera sortir du lot car nous passons les trois-quarts de notre temps au travail.

Pour revenir sur votre métier, avez-vous des horaires bien précis ou est-ce en fonction de la quantité de travail que vous organisez votre emploi du temps ?

Ma vie personnelle a beaucoup changé. Avant d’avoir un enfant je ne comptais pas mes heures. Nous commençons vers 9 h mais nous pouvons finir jusqu’à minuit. Les horaires sont plutôt décalés. Nous pouvons travailler au même rythme que les répétitions et les spectacles. Je vais m’adapter en fonction des journalistes, nous sommes obligés de les accompagner sur les horaires de répétition qui ne sont pas forcément les horaires de pleine journée. Je m’occupe aussi des invitations les soirs de spectacle, j’accueille le public VIP. C’est pour cela que nous fermons un mois l’été, les heures sont vite remplies.